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2022 ou la chute de l'Amérique

Billet d'actualité en date du 10 juillet 2022.

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Les semaines qui viennent de s’écouler aux Etats-Unis ont vu s’accélérer l’effritement de l’unicité du droit sur le territoire fédéral et par là, la décomposition des libertés fondamentales de millions d’Américains – la fin du droit à l’avortement dans plus de 20 Etats entre autres. Symbole de 4 années de Trupisme, la Cour suprême s’est clandestinement donnée pour mission d’appliquer le programme de l’ex-milliardaire alors même que celui-ci a été balayé voilà bientôt 2 ans. Le pilier institutionnel de la plus grande démocratie du monde bafoue les valeurs occidentales. Elle travaille à rebours de l’époque et du moment alors même que le “club” des pays du monde libre s’est plus que jamais uni le 24 février – début de la guerre en Ukraine – face à ce qui est décrit comme l’atteinte la plus grave aux valeurs de démocratie et d’État de droit depuis la seconde guerre mondiale.


Désuétude institutionnelle


L’Occident est-il alors schizophrène ? Son leader américain fait tache. Premier bras armé de l’Ukraine (40 milliards de fonds récemment en plus des 14 milliards débloqués avant la mi-mars), il ne pouvait s’empecher de s’investir dans une guerre pour la démocratie, mais est, dans le même temps incapable de réformer son propre système. La cour suprême en statuant sur des affaires judiciaires rend des décisions qui font office de jurisprudence comme contraire ou conforme à la Constitution fédérale. Les neuf juges qui la composent pèsent davantage sur le quotidien des citoyens américains que les 435 représentants et 100 membres du Sénat, démocratiquement désignés par des millions d’électeurs. Joe Biden, le vieil éléphant démocrate du Delaware, n’y peut rien. Il est aux manettes d’un pays dont le système est truffé de garde-fous anti fédéraliste. Mais il ne faut pas tout confondre, ils ne sont pas inutiles mais désuets. Quand la convention de Philadelphie rédige la Constitution des jeunes Etats-Unis en 1787, elle fait tout son possible pour ne pas assurer tous les pouvoirs aux mains d’un seul lieu, les néo-américains restant encore traumatisés de la tyrannie imposée depuis Londres avant l’indépendance. Alors, option pour une stricte séparation des pouvoirs. Mais de quelle côté est désormais la tyrannie ? Qui restreint l’avortement depuis ? Qui complique la réduction des gaz à effet de serre en ce moment ? Qui facilite le port d’armes maintenant ?


“La guerre pour la quête de la démocratie n’est devenue qu’une illusion”


La stricte séparation des pouvoirs opérée entre le président, le congrès, la cour suprême et sans oublier les Etats fédérés s’est retrouvée orpheline de ses objectifs libertaires. Si l’on savait bien que les Etats-Unis n’avaient pas à faire la leçon à l’Irak ou à l’Afghanistan sur le modèle politique à adopter, ils sont désormais plus que jamais discrédités pour parler efficacité de régime politique. La guerre pour la quête de la démocratie n’est désormais plus qu’une illusion. De surcroît quand le leader de la famille Occidentale n’en respecte pas les principes. La preuve est en l’invasion du Capitole le 6 janvier 2021 lors de la ratification de l’élection de Biden. Cette démocratie désormais très imparfaite n’est pas -ou n’est plus- un modèle. Cette contestation se voit donc aussi bien à travers ces événements intérieurs qu’avec des événements extérieurs comme la chute de Kaboul (15 août 2021) régime instable allié des Etats-Unis, défait par les Talibans.

Plus que les Etats-Unis, tous ces événements, de la fin du droit universel à l’avortement sur le territoire américain jusqu’à la chute de Kaboul ou encore le retour de la guerre en Europe est le signe d’une débandade occidentale qui va bien au delà de l’Amérique.


Mais dans ce contexte, c'est l’Europe qui reste la plus cohérente. Forte de son unité politique depuis la guerre en Ukraine, celle-là peut se permettre de se porter comme la leader des valeurs occidentales. Bien sûr elle est menacée par des mouvements disruptifs de la démocratie, mais sa capacité à globalement y résister lui donne une crédibilité que n’ont pas les États-Unis, démocratie de 320 millions de personnes dont le sort dépend de 9 juges pseudo constitutionnels ….


Malo Lazé Cadieu

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