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C’est quoi le cancer du sein : première partie (Le P'tit Rennais - Juliette Bauge)


Petits, gros, inexistants, asymétriques, tombants, énormes, handicapants, lourds, beaux, discrets, mignons, mutilés, libres, complexants, en trop, injustement présents. Nous avons tellement de mots à attribuer à nos seins, tellement d’adjectifs pour les décrire ou que d’autres ont décidé d’utiliser pour décrire cette partie de notre corps.

Présentation


Je m’appelle Juliette, j’ai 26 ans, je suis photographe et j’ai décidé de m’intéresser au cancer du sein. Le mois d’octobre, communément appelé « octobre rose » est connu pour mettre en lumière et sensibiliser au cancer du sein, qui touche 1 femme sur 9, et qui tue 1 femme sur 27. Tout le monde connaît Octobre Rose mais combien de personnes connaissent ne serait-ce que les gestes de palpations ? J’ai appris le 1er octobre à le faire grâce aux réseaux sociaux. Je me suis dis : « en fait, tu étais incapable de prendre soin de tes seins ? ». Il m’a été important de comprendre, de m’intéresser à toutes ces personnes touchées par ce cancer, mais aussi de m’intéresser davantage à mes seins et à me poser des questions.


Je me suis également demandé quelles incidences psychologiques entraînaient ce cancer. Est-ce qu’il ne touche que les femmes ? Pourquoi plus chez la femme ? Et si j’ai un cancer du sein, comment cela se passe t-il pendant et après ? Et mon entourage, la personne avec qui je suis en couple, comment faire ? Doit-on en parler auprès de nos proches, nos enfants ou devons nous éviter pour protéger notre entourage ? Et si un proche est touché, comment dois-je m’y prendre ? La chimiothérapie est-elle obligatoire ? Comment se sentent toutes ces personnes sans leurs cheveux ? Et en cas d’ablation du ou des seins ? Et la mort dans tout ça ?


Durant tout le mois d’octobre j’ai rencontré un peu plus 40 personnes qui ont bien voulu me parler de leur(s) sein(s), de leur regard et également de leur approche sur ce cancer du sein. On a aussi eu des discussions autour de la sexualité, de la féminité mais aussi autour de la non binarité. Finalement toutes les questions autour du cancer du sein entraînent systématiquement des questions autour de notre intimité et de notre identité. Donc j’ai décidé d’ouvrir le projet au cancer du sein et à tous les seins en général.


Puis, au fur et à mesure des discussions j’ai compris une chose , nos seins sont synonymes de : sexualité, féminité, maternité au regard de la société. Comme s’ils construisaient notre identité. Pourtant, c’est une chose qui n’existe pas chez les hommes cisgenres. Mais alors pourquoi ne pas les prendre pour ce qu’ils sont vraiment : des seins.


Durant tout ce mois d’octobre, j’ai photographié 33 femmes, anonymement. Nous parlions, pendant 1, 2, 3 heures, parfois plus. Pour aller au-delà des mots, je voulais montrer ces seins si souvent cachés. Je les ai photographié de façon brut, en frontal, lumière naturelle, fond blanc. D’ailleurs la prise de vue était extrêmement rapide. « mets-toi droite, bras le long du corps, lève un peu la tête, ne bouge pas, clic, clic, c’est bon tu peux te rhabiller ». Certaines souhaitaient voir leur(s) sein(s) après la prise de vue, d’autres non. Pour la présentation finale, j’ai positionné nos seins les uns à côté des autres pour appuyer cette diversité.


J’ai aussi joué le jeu. J’ai demandé à une amie photographe de me prendre en photo. Au final, je suis à l’initiative du projet mais j’ai eu besoin de vous tous pour le créer. Elles ne me connaissaient pas, et avaient toutes une démarche derrière ce geste. En fait, je les trouve vraiment fortes d’avoir osé poser seins nus. Je suis très émue d’avoir écouté tous ces récits autour de leur intimité, de leur vécu, de leur rapport à leurs seins et au cancer du sein. Finalement, derrière chaque photo, il y a une histoire, un vécu.


c’est quoi le cancer du sein ?


Il s’agit de toutes les femmes ayant participé à ce projet.



Il est important d’indiquer que le cancer du sein touche aussi les hommes. Sur le site cancerdusein.org cette définition est inscrite :


« Les cancers du sein sont des maladies très diverses mais toutes caractérisées par une croissance cellulaire anarchique. Les cellules malignes se multiplient de manière désordonnée d’abord dans les canaux de la glande mammaire puis jusqu’à créer une tumeur qui détruit le sein. Les cellules cancéreuses peuvent alors se propager dans tout l’organisme : il s’agit alors de «métastases».


Il existe donc plusieurs cancers du seins. Chaque cancer est donc plus ou moins différent d’une personne à une autre et ces types de cancer peuvent toucher d’autres parties du corps, les métastases. Donc il n’y a pas un, mais différents cancers du seins, et ils peuvent s’étendre au-delà du sein.

Alors finalement on peut penser qu’il n’y a pas qu’un seul traitement ? Si chaque cancer du sein est différent ?


Il existe en effet différents traitements :

  • La radiothérapie : « détruit les cellules cancéreuses à l’aide de radiations à hautes fréquences. Ce traitement dure en moyenne 5 à 6 semaines ».

  • La chimiothérapie : ce traitement consiste à introduire dans l’organisme des médicaments qui détruisent les cellules cancéreuses. Ce n’est pas localisé comme la radiothérapie.

  • L’hormonothérapie : comme son nom l’indique, c’est un traitement lié aux hormones. Le but est de priver la tumeur de certaines hormones qui lui permette d’évoluer.

  • La mastectomie : excision ou ablation d’un sein.


Comment se prémunir d’un cancer du sein ?

La prise en charge précoce d’un cancer du sein, c’est 99 % de chances de guérison 5 ans après le diagnostic.


Tout d’abord, commençons par la première étape pour prévenir d’un éventuel cancer du sein : l’autopalpation mammaire. Et là, c’est vraiment très simple, il est possible de demander à son médecin traitant de le réaliser et de nous apprendre à le faire. Sinon plein de sites renseignent les techniques d’autopalpation.


Sur 152 personnes que j’ai interrogées via mes réseaux sociaux dans le cadre de ce projet: 27% des individus connaissent les gestes d’auto-palpation et le font régulièrement. Seulement 27%.


D’ailleurs pour vous aider à y voir plus clair, dernièrement l’équipe du média « Paulette » a partagé sur leur Instagram @paulette les gestes d’auto-palpation.












L’autopalpation ne peut se substituer à une visite régulière chez votre gynécologue.




Premièrement, si vous ressentez quelque chose d’inhabituel, il est important d’aller consulter votre gynécologue. Ensuite, si le médecin considère que cela est utile, il vous prescrira une MAMMOGRAPHIE. La mammographie est une radiographie du sein, chez la femme. Cet examen permet de découvrir ou de surveiller un cancer du sein. C’est elle qui permet le plus souvent de révéler les tumeurs même si elles sont non détectables par la palpation des seins en raison de leur petite taille. La mammographie est d’ailleurs fortement conseillée aux femmes de 50 à 74 ans, même sans symptômes. En fait, il s’agit de la période où la femme à davantage de chances de développer un cancer du sein. Mais en cas de symptômes, cet examen est réalisé à tout âge.


Puis, une fois la mammographie effectuée, le médecin vous demandera, si besoin, de faire une ECHOGRAPHIE, qui est un examen qui permet d’explorer le sein grâce à des ultrasons pour détecter une possible tumeur, elle vient le plus souvent en complément pour préciser l’image.


Il est parfois nécessaire de réaliser une BIOPSIE qui permet de prélever des échantillons de la lésion afin de connaître la nature de la tumeur (la tumeur est bénigne ou la tumeur est un cancer)


Quels sont les facteurs de risque ?

chez la femme

  • L’âge : de 50 à 74 ans une femme aura plus de chance de développer un cancer du sein

  • Prédisposition génétique : si votre mère, grand-mère, soeur est concernée par le cancer du sein il est préférable de consulter votre gynécologue ou médecin et de l’indiquer

  • Antécédent personnel : Une femme avec un antécédent personnel de pathologie mammaire ou un antécédent personnel d’irradiation thoracique médicale à forte dose

  • Exposition aux hormones : la contraception hormonale, la puberté, l’âge à la première grossesse, allaitement, les traitements hormonaux de la ménopause

  • Alcool/tabac

  • Surpoids/obésité

chez l’homme

  • l’âge : à plus de 60 ans un homme aura plus de chance de développer un cancer du sein

  • Prédisposition génétique

  • Le syndrome de Klinefelter : C’est un trouble (génétique) héréditaire très rare. Chez l’homme atteint de ce syndrome, le taux d’androgènes est bas et le taux d’oestrogène est élevé.

  • Antécédent personnel : comme un antécédent personnel d’irradiation thoracique médicale à forte dose

  • La cirrhose du foie : Un foie endommagé fait augmenter le taux d’oestrogène et baisser le taux d’androgènes, qui sont tous deux liés à un risque accru de cancer du sein

122 personnes ont répondu sur les réseaux sociaux au questionnaire sur la filiation et le cancer du sein : 38% connaissent les antécédents des deux côtés de la filiation, 28% uniquement d’un seul côté de la filiation et 34% d’entre eux n’ont aucune information à ce sujet. D’ailleurs, sur ce même panel, 10% estiment que le cancer du sein reste un tabou.


PRENEZ SOIN DE VOUS


Donc autant dire que ce cancer du sein peut largement toucher tout le monde. Ce n’est pas très très joyeux, mais rien ne sert de paniquer. Parfois il suffit d’être à l’écoute de son corps, de son intuition comme pour tout autre chose de la vie.


Faites-vous confiance, parlez avec votre gynécologue, aucune question n’est idiote. D’ailleurs, s’il existe bien une personne sur terre avec qui vous pouvez parler sans tabou, sans gêne, avec le vocabulaire dédié, c’est bien votre médecin et/ou gynécologue. Donc il est très important de bien le choisir, et d’être en confiance avec lui. Testez, consultez différents gynécologueS et médecinS. Même en cas de doute sur un diagnostic, un traitement, allez voir plusieurs médecins pour être sûr.

Écoutez vous c’est si important.


Juliette BAUGE pour Le P’tit Rennais, partenaire de l’Arespublica









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