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En Guinée, le massacre du 28 septembre 2009 ne va pas rester impuni





Depuis septembre 2022, un procès hors norme, par sa grandeur et sa symbolique humanitaire se déroule à Conakry en Guinée, jugeant le chef militaire Moussa Dadis Camara et certains de ses soldats pour crimes politiques et tuerie de masse. 13 ans après les faits, c’est la justice qui peut rendre une décision historique, attendue et hautement symbolique pour la démocratie guinéenne dans son ensemble.


Si l’on en revient aux faits, le 28 septembre 2009, une manifestation politique se tient au stade de Conakry, regroupant des partisans de l’opposition et des manifestants contre le projet du chef militaire Moussa Dadis Camara de se présenter à l’élection présidentielle. Déjà détenteur du pouvoir suite au décès de l’ancien Président quelques mois plus tôt, et grâce à un coup d’État violent, M.D. Camara exerçait un pouvoir autoritaire, voire sanguinaire à certains égards. Cette manifestation, pacifique de prime abord, a lieu à une date symbolique, puisqu’elle se déroule 51 ans jour pour jour après le référendum sur la Constitution guinéenne du 28 septembre 1958. Plus de 50 000 manifestants étaient regroupés dans ce stade, sous l’impulsion du Forum des Forces Vivantes Guinéennes, et clamaient leur désaccord avec Moussa Dadis Camara. Mais l’arrivée de forces armées militaires au sein du stade de Conakry, et leur usage de gaz lacrymogènes, ont décuplé les réactions de panique de la part des manifestants. S’en suivent des tirs de balles de l’armée envers les manifestants. 157 morts, plusieurs centaines de blessés, et une centaine de femmes violées. La panique se mêle à l’ultra violence à Conakry.


Ces massacres d’opposants politiques ont été condamné par Moussa Dadis Camara, avec l’aveu de dérives ultra-violentes des soldats de l’armée, d’une perte de contrôle de la manifestation, sans que lui-même y ait joué un rôle.

Les réactions internationales se multiplient, assurant le soutien de tous aux manifestants pro-démocratie, et réclamant une justice impartiale et totale envers les responsables de ces crimes.



Depuis le 28 septembre 2022, le procès s’est donc ouvert à Conakry sous le regard du procureur de la Cour Pénale Internationale, Karim Kahn, jugeant pour crimes politiques et tuerie de masse, de nombreux soldats, ainsi que l’ancien chef militaire Moussa Dadis Camara. Une fois condamné en première instance, l’ancien Président Dadis Camara a donc passé plusieurs mois derrière les barreaux, mais l’histoire n’est pourtant pas terminée. En effet, le 4 novembre 2023, soit environ un an après sa condamnation, le chef militaire a été exfiltré de sa cellule de prison de Conakry, pourtant sous haute surveillance, par un commando lourdement armé visant à « libérer le Capitaine Dadis Camara ». La sortie fut de courte durée pour l’instigateur des massacres de 2009, puisqu’il fut réarrêté quelques heures plus tard, et replacé en cellule. Mais cette sortie de courte durée n’a pas freiné le déroulement du procès, toujours en cours à l’heure actuelle, contre les forces armées du pouvoir de M. Dadis Camara.


Ce jugement est donc extrêmement attendu par les victimes et leurs proches bien sûr, mais aussi par un pays tout entier, qui réclame une démocratie saine et non bafouée.


Par Hugo Pampanay

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