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Initiatives étudiantes et coronavirus : la gestion solidaire d’une crise sans précédent

Dernière mise à jour : 27 sept. 2020



Il semble désormais inconcevable d'être passé à côté : la pandémie du coronavirus sévit actuellement depuis plusieurs mois dans le monde entier, et la France est loin d'être épargnée par cet ennemi invisible. S'il n'est presque même plus la peine de présenter le sujet, les différentes aides étudiantes qui fleurissent en ces temps, notamment à Rennes, méritent quant à elles d'être mises en lumière.

Au fil des jours, ce confinement a vu naître un florilège d'initiatives solidaires pour faire face à l'isolement. Entre soutien scolaire mutuel, aide psychologique et paniers suspendus, les étudiants semblent plus soudés que jamais pour faire face aux épreuves de ce nouveau quotidien. Beaucoup d'entre eux profitent de ce temps pour aider eux aussi les plus fragiles face à cette menace : on trouve ainsi des volontaires pour porter les courses essentielles aux personnes à risque, ou la multiplication des dons de sang en cette période où ils sont plus que jamais nécessaires. Enfin, une solidarité directe s’est créée envers les plus démunis qui pâtissent grandement de ce confinement, et envers les soignants, encore aujourd’hui en première ligne de ce combat de chaque instant.


Le confinement étudiant : état des lieux entre précarité et épreuve psychologique


A l’heure actuelle, près de 2,6 milliards de personnes sont confinées aux quatre coins du monde pour faire face à la pandémie du Covid-19 et naturellement, les étudiants n’ont pas échappé à ces mesures d’urgence. Si bon nombre ont pu rejoindre leur domicile familial, certains sont restés dans leur appartement étudiant, par choix ou pour diverses contraintes. L’allocution d’Emmanuel Macron du 13 Avril a pu laisser paraître une lueur d’espoir en évoquant une “aide exceptionnelle et sans délai pour les étudiants les plus précaires” ; la réalité n’est pourtant pas aussi simple pour ceux dont le quotidien déjà précaire fut bouleversé par ces mesures, essentielles mais contraignantes. Contrairement aux étudiants qui ont pu quitter les résidences universitaires, ceux qui sont actuellement confinés dans leur logement CROUS ne sont pas exonérés de leurs loyer. Sans revenu, se loger et s’alimenter est alors encore plus complexe qu’en temps normal, sans omettre les difficultés psychologiques d’un confinement en appartement, parfois seul.


Des paniers suspendus pour les plus touchés


Alors que l’on compte déjà plusieurs initiatives de soutien alimentaire aux plus modestes dans la capitale bretonne, allant de la récente épicerie solidaire gratuite de Rennes 2 jusqu’aux repas et cafés suspendus, ces besoins se sont inévitablement multipliés face à la crise sanitaire qui sévit actuellement. Le concept des “paniers suspendus” a alors fait son agréable apparition ces dernières semaines : à l’instar de Naples, on peut désormais croiser l’un de ces paniers au détour d’une rue rennaise, suspendus à la fenêtre ou déposés au pied des portes et contenant des produits de première nécessité (alimentation, hygiène...). Cette belle initiative peut donc réjouir les plus modestes, les étudiants également, avec un seul mot d’ordre : “Si tu peux, tu mets, si tu ne peux pas, tu prends !” Elle semble être un moyen efficace de se montrer solidaire dans la mesure du possible, pour que chacun soit acteur de la lutte contre la pandémie, même à petite échelle.


Au sein des Universités Rennaises, la lutte contre la précarité étudiante forge de nouvelles initiatives


Dès le départ, l’Université Rennes 2 ainsi que ses élus étudiants se sont mobilisés. Une enquête en ligne publiée dès le 26 mars , a pu montrer que si 36,4 % des 3468 étudiants interrogés se sentent “plutôt bien”, environ 10% se sentent “plutôt mal, ou mal”. De quoi alerter sur les effets psychologiques du confinement. Face aux 13,6 % d’interrogés rencontrant des difficultés financières, la solidarité s’est rapidement mise en place au sein de l’Université. Le syndicat étudiant, l’Union Pirate, a ainsi mis en place un dispositif de sacs de courses solidaires : plus de 500 sacs de courses, limités à 10€, ont ainsi été remboursés grâce aux subventions FSDIE.


Cette initiative ayant été un succès, l’Université Rennes 1 a également organisé un dispositif d’aide aux étudiants. La page Facebook Actions Solidaires Étudiantes recense ainsi les différentes initiatives mises en place à l’Université. L’adresse solidarite.etudiante.rennes1@gmail.com, gérée par l'AAEMR, la Corpo Droit Rennes, et l'ARES, et retransmise par la vice-présidence étudiante permet à chacun de conserver du lien social grâce à un appel par un étudiant bénévole. Un dispositif d’aide aux courses, ou des livraisons gratuites de paniers alimentaires sont également proposés.


Mais pour l’association Droits des étudiant.e.s, les réponses de l’Université Rennes 1 ne sont pas suffisantes. Suite au suicide, très peu médiatisé, d’un étudiant sur le campus de HEC, elle décide d’interpeller les pouvoirs publics grâce à une plateforme indépendante : SOS-Etudiants. Au départ, la plateforme recense les étudiants précaires et fragiles, et propose une carte des initiatives solidaires dans les alentours.


Finalement, grâce à la solidarité et la médiatisation grandissante, un système de parrainage est également mis en place. Si le 19 avril, 23 étudiants avaient demandé de l’aide, c’est aujourd’hui plus de 160 parrains et marraines qui aident les étudiants en difficulté. “Dès le 16 avril, des personnes se sont portées volontaires pour apporter des repas aux étudiants, ont pris un repas avec eux, les ont aidé financièrement”, rapporte Alan Guillemin, co-président de l’association.

Aujourd’hui, les pouvoirs publics semblent répondre présent : une cellule de crise a été mise en place, réunissant notamment la métropole, en lien avec le CROUS et l’Université.

Pourtant, les difficultés semblent subsister : en effet, si le CROUS dispose de 10 millions d’€ d’aides ponctuelles, les demandes affluent (plus de 400 en moins d’un mois). La gestion logistique est devenue très compliquée. Pour pallier à ces difficultés, l’association ainsi mis en place une plateforme de dons, disponible sur Leetchi, récoltant aujourd’hui plus de 4350€ destinés aux étudiants précaires. L’aide à petite échelle reste donc possible : si l’aide financière n’est pas possible, un soutien psychologique est le bienvenu, et peut être très important pour un étudiant isolé et soumis à une situation plus que stressante.


Enfin, la Fédération Syndicale Étudiante a également apporté son soutien aux étudiants, notamment en partageant les initiatives solidaires prévues pour les étudiants : à Rennes, le secours populaire propose ainsi des aliments et produits d’hygiène en libre-service ; la banque alimentaire, sous condition de ressources, propose également des produits frais ainsi que des fruits et légumes.


La Fédération a également décidé de mettre en lumière la précarité étudiante grâce aux témoignages vidéos de plusieurs personnes en difficulté. Ces témoignages, intitulés #Etudiant.e.s Confiné.e.s, interpellent sur les conditions de vie universitaires en ces temps de crise. Kevin, doctorant chargé d’enseignement, raconte ainsi comment, sur le plan pédagogique, mais également salarial, les difficultés sont exacerbées par le confinement ; Nolwenn, étudiante salariée, raconte également comment, suite à son arrêt de travail, et sans indemnisations, les difficultés financières, mais également psychologiques sont aggravées.



En ces temps difficiles, la solidarité ambiante fait chaud au coeur ; si la précarité étudiante est révélée au grand jour depuis le confinement, il ne faut pas oublier qu’elle a toujours été présente dans nos universités, nos cités U, notre quotidien. Espérons que ces initiatives et cette solidarité continueront après le confinement, pour que les 20% d’étudiants vivant sous le seuil de pauvreté puissent vivre dans des conditions de vie décentes, et soient enfin réellement écoutés.




Clara Dauchez

Clémence Leboucher

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