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La bibliothèque idéale du féminisme.

Dernière mise à jour : 27 sept. 2020

Cet article s'inscrit dans le cadre de la Semaine Contre le Sexisme ayant eu lieu du 9 au 15 mars 2020.


La littérature est l’un des nombreux moyens utilisés par le féminisme pour faire évoluer les mentalités. En complément des événements de cette semaine voici une liste d’ouvrages intéressants, récents et anciens, pour tous ceux/toutes celles qui veulent prolonger leur réflexion par la lecture.



Pierre Bourdieu, La domination masculine, Editions du Seuil, 1998, 154 pages.

Cet ouvrage vise à aborder la question de la domination masculine dans la société d’un point de vue bourdieusien. Le livre est divisé en deux parties, la première pour décrire les mécanismes et la seconde pour illustrer le propos en prenant l’exemple de la société kabyle. P. Bourdieu cherche à montrer comment l’idée de domination masculine s’est reproduite dans l’inconscient collectif. Il met en avant de nombreux concepts comme l’habitus, la violence symbolique ou encore les idées de corps-réel et corps-idéal.


Malgré son succès médiatique, ce livre reste très critiquable car les principales sources féministes utilisées ne sont pas citées. De plus, la violence physique subie par les femmes est peu évoquée.




Madame Dupin, La défense des femmes et l'égalité entre les sexes, Jamais publié.


Au milieu du XVIIIème siècle, Madame Dupin, grande salonnière et arrière-grand-mère par alliance de George Sand, entreprend la rédaction d’un ouvrage de plus de 2.000 pages réparties en plus de 47 chapitres. Intitulé La défense des femmes et l’égalité entre les sexes, celui-ci a pour objectif de démontrer définitivement l’égalité entre les hommes et les femmes. Ce projet monumental est appuyé par Jean-Jacques Rousseau qui lui prête sa plume. Cependant, ce livre n’est jamais paru.






Christine de Pizan, La cité des Dames, 1405.


Christine de Pizan propose ici une réflexion sur la condition de la femme en son temps. Dans la cité idéale qu’elle imagine, elle propose une figure allégorique de la femme où celle-ci atteint sa noblesse non par la naissance mais par l’éducation. Ici l’allégorie de la Justice lui ordonne de fonder une cité où la femme pourra résider. Christine de Pizan fait également référence aux grande figures féminines, d’Athéna à Blanche de Castille. Certes ancré dans son époque, cet ouvrage apporte considérablement du fait qu’il est montre que les inégalités entre les deux sexes sont construites et non naturelles.







Virginia Woolf, A Room of One’s Own, Hogarth Press, 1929, 172 pages.



Dans cet essai, Virginia Woolf s’interroge sur la condition de la femme et la manière dont elle est maintenue dans une dépendance vis-à-vis de l’homme. Cette dépendance, à la fois matérielle et intellectuelle, vise à conservation la vision selon laquelle l’homme est supérieur aux femmes. D’une part elle constate la domination intellectuelle recherchée, d’autre part elle montre que la femme est uniquement représentée par rapport à l’homme et non par rapport à elle-même. Ainsi, elle propose que la femme dispose de ressources propres et d’un espace personnel pour qu’elle puisse d’affranchir de cette dépendance imposée.








Judith Butler, Gender Trouble, Routledge, 1990, 272 pages.



Dans son ouvrage, Judith Butler apporte une critique sur les fondements de l’identité et du genre. Selon elle, le genre est construit socialement et constitue une performance, il n’est pas stable. Ainsi, le genre n’est pas universel et reste sujet à l’interprétation. Elle s’intéresse également à la question de l’homosexualité. Elle voit dans le rejet de celui-ci, la condition permettant de conserver une dualité de genres stables. Enfin, elle pose aussi la question du pouvoir dans la sexualité tout en affirmant qu’il existe une multiplicité de genre entre l’homme et la femme. Son livre est majeur dans la mesure où il explore la question du genre, par-delà le masculin et le féminin.





Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl, Les joies d’en bas tout sur le sexe féminin, Actes Sud, 2005, 445 pages.



Les joies d’en bas est une véritable bible sur le sexe féminin. Écrit par des étudiantes en médecine dans un objectif de vulgarisation, leur livre est un succès. Agrémenté de schémas et caricatures, elles déconstruisent les mythes et préjugés sur l’univers sexuel du féminin. En passant par la contraception, les règles, les hormones et le désir féminin, ce guide rappelle une chose: “pour être fière de son sexe, il faut le connaître”.


A mettre dans les mains de toutes et tous.










Sorcières la puissance invaincue des femmes, Mona Chollet, zones, 2018.



Mona Chollet reprend l’historique de la chasse aux sorcières tout en dénonçant son actualité. En s’appuyant sur de nombreux exemples et travaux, elle dénonce avec humour le caractère dépassé des normes traditionnelles infligées aux femmes. Les thèmes comme le mythe de la jeunesse, la maternité, le couple et les figures d’autorité sont remis en question et amènent le-la lecteur-trice à s’interroger sur ses opinions.










Histoire(s) de femmes 150 ans de lutte pour leur liberté et leurs droits, Marta Breen et Jenny Jordahl, Larousse.



A travers la bande dessinée, Breen et Jordahl retracent l’histoire de la lutte des femmes. En relatant le parcours de femmes comme Olympe de Gouge, Rosa Luxembourg ou Malala, l’Histoire avec un grand H se forme. Une BD importante pour tout-e-s les féministes qui souhaitent connaître les héroïnes de l’égalité.











Jack Parker, Le grand mystère des règles “Pour en finir avec un tabou vieux comme le monde”, Flammarion, 2017, 256 pages.



Jack Parker s’intéresse ici au tabou des règles encore très présent dans nos sociétés modernes et à son histoire. Les règles sont encore énormément utilisées à travers le monde pour dévaloriser le sexe féminin. Des traditions liées aux règles jusqu’aux différentes protections périodiques en passant par leur représentation dans l’art et le cinéma, l’auteure nous emmène sur un chemin d’acceptation et de dé-tabouisation.




Ovidie et Diglee, Libre ! Manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels, Delcourt, 2017, 96 pages.


Le but est ici de se libérer des complexes que nous insufle la société sur le sexe. Grâce au texte d’Ovidie et au dessin de Diglee, on revient avec humour sur l’épilation, la bisexualité “tendance”, la pénétration, les règles, le fantasme de la “milf”… Retravaillons les critères sexuels que l’on nous impose pour vivre une sexualité épanouie.












Elisabeth Badinter, XY de l’identité masculine, Le livre de poche, 1994, 320 pages




Comment construit-on un homme viril ? Dans une société où le féminisme est partout et où on vise à déconstruire les identités de genre, Elisabeth Badinter s’intéresse à la question de la virilité chez l’homme qui s’en trouve remise en question. Les chromosomes XY ne suffisent plus à définir ce qu’est l’homme. Alors qu’appelle t-on homme aujourd’hui et quel rapport entretient-il avec la notion de masculinité ?













Pénelope Bagieu, Culottés “ Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent”, Gallimard bd, 2016, 144 pages.



Nous avons affaire ici à plusieurs biographie de femmes à l’histoire peu commune qui ont su dire non et imposer leur volonté au cours de l’histoire. Dans ce premier tome : Clémentine Delait femme à barbe, Nzinga reine africaine, les soeurs Mariposa, Joséphine Baker… Une bonne occasion de les découvrir ou de ne pas les faire tomber dans l’oubli.











Virginie Despentes, King Kong Théorie, Paris, Grasset, 2006, 160 pages.



Virginie Despentes dans cet essai revient sur son expérience personnelle pour aborder la place de la femme et sa sexualité au sein de notre société. Elle interroge la culture du viol, le rapport à l’homme (un ennemi ?), la pornographie, la prostitution et la féminité sans mâcher ses mots. Un livre fort d’honnêteté.














Baptiste Bouchet, Johanne Malin, Manon Rivière

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