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La Russie, État terroriste ?

Dernière mise à jour : 11 oct. 2022

Billet d'actualité en date du 17 juillet 2022.





Le Larousse définit le terrorisme comme un "ensemble d'actes de violence commis par une organisation pour créer un climat d'insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système". La situation de cette semaine en Ukraine est semblable à la définition donnée par le dictionnaire, mais le sujet fut mis sur la table dès le 27 juin lors du bombardement du centre commercial de Krementchouk (ville du centre, au Sud-Est de Kiev). Une horreur absolue qui causa la mort de 20 personnes et les blessures de 59 autres alors que plus de 1000 personnes s’y trouvaient selon Zelensky. Une affirmation décuplée par les centaines de témoignages de rescapés, tickets de caisse à l’appui pour la faire définitivement devenir une réalité. Le débat tire en réalité son origine autour d’une réflexion sur les objectifs qui entourent le bombardement. Quel est son but ? Zelensky est clair, pour lui, c’est du terrorisme d’État. Et un certain nombre d'éléments peuvent venir lui donner raison cette semaine encore plus, notamment à Vinnytsia, zone absolument épargnée par les combats, à 200 km au Sud-Ouest de Kiev mais innocemment bombardée le 14 juillet dernier.


Le front territorial et le front psychologique


C’est ce que le remarquable journaliste du Monde Alain Frachon appelle "la politique de terreur psychologique". Intervenant sur LCI chez Darius Rochebin, dimanche 10 juillet, le chroniqueur évoque deux fronts : celui de la conquête territoriale, mêlé à l'artillerie et aux armées, et le front psychologique. "Il consiste tous les jours à tirer ici et là pour maintenir une politique de terreur psychologique et faire craquer le régime et la population Ukrainienne".

Si Vladimir Poutine a déclaré la guerre à l’Ukraine le 24 février, ce n’est pas uniquement pour conquérir le Donbass. Il veut faire savoir au monde et en particulier à l’Ukraine que c’est bien à tout le pays qu’il en veut. Preuve en est que si c’était l’inverse, il se serait contenté de continuer à armer les séparatistes du Donbass, engagé dans ce même conflit depuis 2014. Poutine assume : depuis février 2022, il n’est plus question de se cacher derrière les pro-russes, c’est bien la Russie qui attaque le territoire Ukrainien. Le "climat d’insécurité" dont nous parle la définition du Larousse est sans doute l'élément clé qui pousse Vladimir Poutine à frapper les centres villes et zones résidentielles même hors du Donbass. Car ce que l’on observe à Kiev, Kharkiv ou même Krementchouk, c’est un retour à la vie commerçante, d’entreprise, sociale … Et Poutine ne peut le supporter.


"Frusté par l’échec de l’invasion au Nord, Poutine n’a que le terrorisme comme arme"


Il n’est pas venu le temps de faire la psychologie approfondie du dictateur Poutine, mais plutôt de regarder sa stratégie : frustré par l’échec de la conquête au Nord et refusant de se limiter uniquement au Donbass, le régime Russe n’a que le terrorisme comme arme à utiliser sur le reste du pays. C’est justement le principal mécanisme intrassèque au terrorisme : frapper de temps en temps, de façon chirurgicale, car les moyens d’une conquête large ne sont pas requis. Prenons l’exemple d’Al Qaïda : l’attaque des tours jumelles le 11 septembre 2001 est une façon, tant par le symbole que par le nombre de victimes, de sidérer la population et de maintenir un climat de terreur tout en sachant qu’ils n’ont pas d'armée pour envahir les États-Unis. La différence reste majeure, bien sûr, car rien ne dit que Poutine a renoncé à envahir le reste de l’Ukraine


L’appréciation d'une telle définition, aussi sensible soit-elle, est en réalité très subjective car si la création d’un climat d’insécurité est bien l’objectif, il semble bien loin d’être atteint. Au micro de France 24, Alexandr, habitant de Vinnytsia, dénonce les mensonges des réseaux sociaux et médias Russes : "On le mérite à cause du Donbass ? Mais qu’est ce qu’il ne va pas dans vos têtes sérieusement, je parle russe et personne n’a de problème avec ça".



Malo Lazé


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