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Les Présidentielles imprévisibles

Malgré des sondages à l’avantage du Président sortant Emmanuel Macron, la prochaine compétition électorale s’annonce serrée, avec un binôme du second tour encore impossible à déterminer. Nul ne peut affirmer aujourd’hui qui seront, à coup sûr, les 2 candidat.es en finale de la compétition. Même si la présence du candidat “En Marche” semble assurée, on ne peut clairement se projeter sur les prochaines échéances. En ce point, on rencontre une imprédictibilité soudaine qui, depuis les dernières élections, tendrait à se pérenniser. Dans la mouvance du « crack » de 2017 où ni le parti LR, successeur de l’UMP ou même du RPR précédemment, ni les Socialistes, ne se sont retrouvés au second tour : inédit ! Alors que jusqu’ici, la "course de petits chevaux" avait ses deux écuries fétiches pour la victoire finale, hormis le "séisme" de 2002, les élections de 2017 sont alors venus balayer presque 50 ans d’habitude politique.



Le bipartisme déguisé à la française, si enclin à conserver, quelle que soit sa forme, sa singularité dans la practice politique, voit sa sauce tourner après un demi-siècle de modèle politique partisan. Lorsqu’Alain Duhamel, en 1967 pour le journal "Le Monde", questionnait l’avenir politique français par un article intitulé "La France va-t-elle au Bipartisme", il en ressort alors un fond de carte issu de l’héritage fonctionnel. L’avenir lui aurait donné raison, tout du moins jusqu’en 2017 donc.


Alors que les partis du second tour étaient quasi-systématiquement connus d’avance, comment expliquer un véritable revirement qui a rendu, par sa puissance de frappe, un échiquier politique désormais "obsolète" ? La portée des élections de 2017 est bien plus profonde qu’au premier abord. Outre une montée exponentielle de données légitimant certains indicateurs alarmistes sur la confiance envers le monde politicien (abstention, désengagement partisan, confiance en constante décroissance du peuple pour les élus...), c’est un modèle politique tout entier, autrefois rigide, qui connaît une rupture. Alors bien sûr, nous ne pouvons isoler les périodes électorales/passages politiques de manière isolée dans le temps et dans l’espace, puisque chacune se succède sans être en mesure de couper le lien d’héritage qui lui a permis d’exister. Néanmoins, il est possible de soutenir une coupure dans la temporalité politique.


Alors que les “vieux partis” s’effacent de manière brutale, à part au sein des élections locales, grâce à leur pouvoir notabiliaire notamment, les "Mouvements" ou "Entreprises" politiques ont pris place désormais dans la "course des petits chevaux" dont les canassons ne sont plus tous de la même espèce...

Un visage politique bouleversé, oui, mais à quel point ? Telle est l’interrogation centrale qui traverse les esprits à l’heure actuelle. L’avenir politique, toujours plus flou, regarde une montée des populismes dans toutes ses formes : un vieux monde face aux OVNI politiques. Les "Partis" (même s’ils en refusent l'appellation) personnalisés, longtemps dénoncés par leur caractère oxymorique, sont en pleine expansion, avec dernièrement Éric Zemmour, ou encore l’ancien Premier Ministre Édouard Philippe, aux manettes. Au-delà d'un défi futur de la pérennité de ces mouvements, leur atout séducteur pour les militants est lourd de sens.

Nous nous réserverons d’un "inventaire à la Prévert" pour énumérer les facteurs explicatifs. Cependant, ce que nous pouvons affirmer, c’est que désormais, à l’approche d’une compétition électorale nationale, les cotes des paris sont partagées et homogènes. Bien que l’Histoire nous renseigne sur sa cyclicité, dont on ne pourrait se défaire pour l’avenir, la tendance brute actuelle nous maintient dans une logique d’incertitude. Une incertitude qui fait que, pour la deuxième fois d'affilée, nous sommes face à des élections imprévisibles, face aux rebondissements à gogo rendant sinusoïdale une ligne rouge traditionnellement linéaire...



Paul Jézéquel

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