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Le lynx blanc






J'ai suivi les traces du lynx blanc

Au-delà des forêts et mers de cendre.

J'ai marché vers des pays d'antan,

Aux Enfers je n'ai fait que descendre.


Rencontrant des visages, des parfums

Les étoiles luisaient sur mon chemin.

L'Hiver et l'Été tenaient ma main;

Le Léthé, lui, s'écoulait sans fin.


J'ai vogué vers son antre mais la plaine

S'est dressée comme une mer se déchaine;

Errant, m'échouant par delà le ciel

Où l'absence siffle la peine à mes oreilles.


En avançant sans cesse s'est effacé mon chemin.

Souvenirs aidez-moi, guidez mes yeux qui ne voient rien.


Résonnaient des notes de syrinx

Quand je perdis les traces du grand lynx.

La neige forma un long tapis

Des vastes plaines jusqu'en mon lit.


Personne pour marcher, tenant mon bras,

Pas un corps, ni devant ni derrière.

Chez moi personne ne m'attendra

Mes prières se noient dans la rivière.


En allant loin, là-bas, les larmes ont ruisselé,

Faisant le lit du fleuve de ces contrées.


Près de moi se posa un condor

Sa voix me pria de monter sur son aile ;

Et, alors que nous gagnions les airs,

Je vis mes regrets, seuls, au sol.


Les nuages dessinaient des fantômes,

Des formes, des amours disparues.

Mais, lorsque la Lune surgit à l'aube

Le long chemin reparut.


En avançant sans cesse les larmes ont séché,

Souvenirs, aidez-moi, irriguez ces contrées.



Manoah Varsay

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